Les orteils à la limite du précipice, je contemple l'horizon.
Au bord du gouffre, sur la pointe des pieds, je perd l'équilibre.
Je tombe, le vide m'enveloppe, le sol s'approche vite, très vite, trop vite.
Et je sais que je vais le percuter violemment.
Je vais me briser tel un miroir jeté sur le carrelage froid et dur.
Sept ans de malheur?
Je chute toujours, me prépare à la fin.
Quand soudain, le vent m'emporte, je flotte.
Je plane dans un océan de doutes, l'incertitude me berce.
Le souffle magique qui me porte va s'arrêter et à nouveau je vais choir.
L'air me guide et semble jouer avec moi, en me ballotant doucement.
Je me retrouve dans les bras d'un nuage, doux et floconneux, qui se met à danser tout en m'enlaçant.
Puis, il me ramène aux bords de la falaise.
Comme un funambule, je marche sur un fil. Le fil de ma vie.
Mais le nuage marche avec moi, sa main étreignant la mienne.






